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lundi 5 octobre 2015

décès de Henning Mankell

 

Le romancier et dramaturge suédois Henning Mankell est mort dans la nuit de dimanche 4 à lundi 5 octobre, à l’âge de 67 ans. L’écrivain, dont les livres ont été traduits dans trente-cinq langues et vendus à quarante millions d’exemplaires, avait révélé son cancer en 2014, dans une interview au quotidien suédois Göteborgs-Posten.

Henning Mankell est surtout connu pour sa série sur le taciturne inspecteur Kurt Wallander : au total, douze romans, dont Les Chiens de Riga et La Lionne blanche. Ce policier de la petite ville côtière du sud de la Suède Ystad à la personnalité difficile était devenu un personnage de série de la BBC, joué par l’acteur britannique Kenneth Branagh.


Son œuvre comprend des livres pour enfants, des pièces de théâtre et des romans. Dans son dernier livre paru cette rentrée en France, Sable mouvant. Fragments de ma vie, l’écrivain racontait son combat contre le cancer.

Engagé à gauche

« Quand j’ai commencé à écrire, j’ai voulu changer de perspective, voir le monde sous un angle différent. J’ai été sollicité, un jour [dans les années 1970], pour participer à un projet théâtral en Zambie. J’étais invité pour une semaine en Afrique, je n’en suis jamais vraiment reparti. C’est comme quand vous allez acheter du lait et que vous ne revenez plus », avait-il expliqué au Monde en 2005. L’écrivain partageait sa vie entre le Mozambique et la Suède, « un pied dans la neige, un pied dans le sable ».
Engagé à gauche, il décrivait dans ses romans les turpitudes de la société suédoise confrontée à la fin de l’Etat-providence. « Il a décrit les coulisses sombres du modèle nordique », analyse pour l’Agence France-Presse le journaliste et auteur de polars Olivier Truc. « Il assumait son rôle de critique » envers « une social-démocratie qui a trahi la classe ouvrière ».
Viscéralement propalestinien, il a apporté, plus récemment, son soutien à plusieurs flottilles humanitaires en partance pour Gaza. « La solidarité avec les faibles et les opprimés traverse son œuvre comme un fil rouge », écrit la maison Leopard, qu’il avait fondée en 2001 avec l’éditeur Dan Israel.
« L’écriture était vitale pour Henning », a réagi lundi Dan Israel, cité par l’agence TT, qui a rencontré l’écrivain quelques jours avant sa mort. « Il envisageait d’écrire un nouveau Wallander pour les 25 ans de la série l’an prochain », a-t-il assuré. « Il pensait sûrement tenir plus longtemps » face à la maladie, a ajouté l’éditeur.
Henning Mankell était marié à Eva Bergman, 70 ans, fille du cinéaste Ingmar Bergman, dont il était proche.



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samedi 3 octobre 2015

quand nos grands auteurs écrivent comme des cancres

De Balzac à Camus, florilège des plus belles bourdes linguistiques commises par les maîtres de la langue française.

 Anne Boquel et Etienne Kern publient "les Plus jolies fautes de français de nos grands écrivains" (Payot) (DR)

Le 10 décembre 1913, un critique littéraire nommé Paul Souday s’en prit à Marcel Proust et à aux fautes de conjugaison qu’il avait trouvées dans «Du côté de chez Swann». «Visiblement, les jeunes ne savent plus du tout le français, écrivit-il. La langue se décompose, se mue en un patois informe et glisse à la barbarie.»
On trouve ça dans «les Plus jolies fautes de français de nos grands écrivains», délicieuse compilation d’Anne Boquel et Etienne Kern. Les deux professeurs de lettres ont fouillé le patrimoine, stylo rouge à la main. Ils montrent que, bien avant Proust et bien après lui, la langue canonique a été malmenée par nos plus grands créateurs, de Voltaire à Koltès en passant par Flaubert ou Camus. (Mention spéciale pour Balzac, le cancre en chef de ce recueil, qui mériterait un livre à lui tout seul.)


Fautes d’orthographe, d’accord, de conjugaison, de syntaxe, de temps, pléonasmes, mots inventés, mal choisis, phrases insensées: ils ont commis tous les crimes. Parfois munis d'intentions nobles, comme Flaubert qui ne voulait pas écrire comme un «vieux pédagogue». Parfois parce qu'ils étaient nuls en français, tout simplement. 
On a sélectionné quelques-unes de ces bourdes. A quelques exceptions près, on a laissé de côté les fautes d’inattention, trouvées dans les manuscrits ou les correspondances, pour privilégier les erreurs qui ont survécu aux relectures et figuré dans les éditions originales (la plupart de ont été corrigées depuis).
Pour les explications et corrections, on renverra à l’ouvrage de Boquel et Kern, excellente occasion de réviser les règles de notre langue, pour qui voudrait éviter d’écrire comme un cochon, ou comme Balzac.



"Les Plus jolies fautes de français de nos grands écrivains"
par Anne Boquel et Etienne Kern
Payot, 166 p., 12 euros
♦♦♦

Mon cher philosofe […], je m’imagine que le termomètre de votre apartement est comme le mien, tout près de l’eau bouillante.
Voltaire, Correspondance

Dans dix ans, j’aurai la plus belle clientelle de Paris.
Balzac, «Un début dans la vie»

Un jeune montagnard, près d’une jeune fille,
Sur la même racine étaient assis tous deux.
Lamartine, «Jocelyn»

Nous allions nous mettre à table devant le grand feu de la haute cheminée où rôtissaient un râble de lièvre flanqué de deux perdrix qui sentaient bon.
Maupassant, «Un réveillon»

Le souvenir de ses tripotages dans les gouvernements républicains lui nuisirent (...)
Balzac, «la Vieille fille»

 Il est distrait au volant de son auto et laisse souvent ses flèches de direction levées, même après qu’il ait effectué son tournant.
Camus, «la Peste»
Dans toutes les armées du monde, on pallie généralement au manque de matériel par des hommes.
Camus, «la Peste» 

Eau, quand pleuveras-tu ?
Baudelaire, «le Cygne»


Une fois les poissons ramenés dans la barque, il s’en distraya.
Duras, «les Petits chevaux de Tarquinia»

Jusqu’à ce qu’il s’en aille en cendre et se dissoude.
Hugo, «Dieu» 

Quelle joie de voir une pervenche poindant sous la neige !
Balzac, «l’Interdiction»
La compatissance et la tendresse d’une jeune fille possèdent une influence vraiment magnétique.
Balzac, «Eugénie Grandet»
Le père Goriot regarda tristement son ouvrage d’un air triste (…)
Balzac, «le Père Goriot»


C’est ce que je demande, s’écria-t-elle, en se levant debout.
Stendhal, «le Rouge et le Noir»
Tout le mal n’est que dans ces cinq lettres B, R, U, L, A, R, D, qui forment mon nom.
Stendhal, «Vie de Henry Brulard» 

Nos discussions portaient surtout au sujet de l’éducation de nos enfants.
Gide, «Robert»

Le bruit du galop de son cheval, qui retentit sur le pavé de la pelouse, diminua rapidement.
Balzac, «Une ténébreuse affaire»
- Il est onze heures, répéta le personnage muet (…)
Balzac, «la Bourse»
[La femme de chambre] lui cria deux mots à voix basse.
Balzac, «la Muse du département»
[Il] l’atteignit si furieusement de son poignard qu’il le manqua.
Balzac, «la Femme de trente ans»
De nouveau, elle leva un bras qui ne semblait pas faire partie de son corps: un reptile hésitant dont la main eût été la tête.
François Mauriac, «les Anges noirs»


- Ah ! dit Don Manoël en portugais.
Dumas, «le Collier de la Reine»


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vendredi 2 octobre 2015

Prix du meilleur livre étranger




Première sélection du Prix du meilleur livre étranger 2015

Martin Amis, Javier Cercas et Dinaw Mengestu figurent dans la sélection du prix qui sera décerné le 26 novembre.
Le jury du Prix du meilleur livre étranger (PMLE) s’est réuni le 24 septembre et a établi une première sélection de 10 romans et 3 essais. Le prix, créé en 1948 par Robert Carlier et André Bay et sponsorisé depuis 2011 par Sofitel, sera décerné le 26 novembre. La prochaine sélection sera dévoilée le 12 octobre.

violet : acheté
orange : envie de lire
 Sélection romans
- Lila, de Marilynne Robinson, traduit de l’américain par Simon Baril (Actes Sud)
- La zone d’intérêt, de Martin Amis, traduit de l’anglais par Bernard Turle (Calmann-Levy)
L’imposteur, de Javier Cercas, traduit de l’espagnol par Elisabeth Beyer et Aleksandar Grujicic (Actes Sud)
- Illska, le mal, d’Eirikur Orn Norodahl, traduit de l’islandais par Eric Boury (Métailié)
- Les folles espérances, d’Alessandro Mari, traduit de l’italien par Anna Colao (Albin Michel)
- Tous nos noms, de Dinaw Mengestu, traduit de l’américain par Michèle Albaret-Maatsch (Albin Michel)
- Les mémorables, de Lidia Jorge, traduit du portugais par Geneviève Leibrich (Métailié)
- Courrier des tranchées, de Stefan Brijs, traduit du néerlandais par Daniel Cunin (Héloïse d’Ormesson)
- Les lance-flammes, de Rachel Kushner, traduit de l’américain par Françoise Smith (Stock)
- L’homme au manteau noir, de Diane Setterfield, traduit de l’anglais par Carine Chichereau (Plon)

 Sélection essais
- Atlas d’un homme inquiet, de Christoph Ransmayr, traduit de l’allemand par Bernard Kreiss (Albin Michel)
- Fairyland, d’Alysia Abbott, traduit de l’américain par Nicolas Richard (Globe)
- L’idée ridicule de ne plus jamais te revoir, de Rosa Montero, traduit de l’espagnol par Myriam Chirousse (Métailié).
violet : lus
orange : dans ma pal
 
Le prix du Meilleur livre étranger (PMLE) est un prix littéraire attribué chaque année à un roman et à un essai en langue étrangère.ranger 

jeudi 1 octobre 2015

prix de la Littérature arabe 2015



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Le prix de la Littérature arabe 2015, créé par l'Institut du monde arabe et la Fondation Jean-Luc Lagardère, est décerné à Mohammed Hasan Alwan pour Le Castor (Seuil). 
la troisième édition du Prix de la Littérature arabe récompense cette année l'écrivain saoudien Mohammed Hasan Alwan, pour son roman Le Castor (Seuil).
Mohammed Hasan Alwan, né à Riyad en 1979, vit aujourd'hui à Ottawa (Canada). Outre Le Castor ("Al-Qundus" en arabe), il est l'auteur de trois autres romans : Saqf alKifâya en 2002, Sophia en 2004 et Tawq at-tahâra en 2007 tous parus chez Dar al Saqi à Beyrouth. Seul Le Castor a été traduit en français. 

Six autres romans avaient été retenus par le comité de lecture et soumis au jury, présidé par Pierre Leroy, Co-gérant de Lagardère SCA, et composé de personnalités des arts et de la culture ainsi que de spécialistes du monde arabe tels que Mahi Binebine, Jean-Pierre Elkabbach, Gilles Gauthier ou encore Mustapha Bouhayati. 
Ce prix, créé par la Fondation Jean-Luc Lagardère et l'Institut du monde arabe, et doté d'un montant de 10 000 €, récompense depuis 2013 un écrivain ressortissant d'un pays membre de la Ligue Arabe et auteur d'un ouvrage écrit en français ou traduit de l'arabe vers le français. Il sera remis le 14 octobre par Jack Lang, à l'occasion d'une cérémonie à l'Institut du monde arabe. 




Grand Prix du roman de l'Académie française 2015


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Le prix, qui a cent ans cette année, sera décerné le 29 octobre.

Tiens, revoilà Boualem Sansal. Déjà présent dans les listes du Goncourt, du Renaudot, du Femina, du Médicis, et on en passe, l'auteur de «2084» se retrouve également dans la première sélection du Grand Prix du Roman de l'Académie française, qui souffle ses cent bougies cette année. 

La séance d'anniversaire tombera ce 29 octobre. C'est aussi le jour où le lauréat 2015 sera désigné. Il figure théoriquement parmi les 8 écrivains en piste, que voilà par ordre alphabétique :


Vladimir Vladimirovitch, par Bernard Chambaz (Flammarion)
Histoire de l’amour et de la haine, par Charles Dantzig (Grasset)
Ce cœur changeant,d’Agnès Desarthe (l'Olivier)
Les Prépondérants, par Hédi Kaddour (Gallimard)
La Brigade du rire, par Gérard Mordillat (Albin Michel)
Le Metteur en scène polonais, par Antoine Mouton (Christian Bourgois)
Victor Hugo vient de mourir, par Judith Perrignon (L'Iconoclaste)
2084. La fin du monde, par Boualem Sansal (Gallimard)

Pour mémoire, le lauréat 2014 ét ait Adrien Bosc, 28 ans. Il avait été distingué pour son premier livre, «Constellation» (Stock)
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babelio - Prix : Académie Française - Grand Prix du roman

prix Senghor 2015



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La primo-romancière a remporté la 10e édition du prix avec Les jardins de consolation (Gallimard).

La remise du prix Senghor 2015 a eu lieu le mercredi 30 septembre à 20 h au Centre Wallonie-Bruxelles, à Paris. L’auteure iranienne Parisa Reza remporte cette 10e édition du prix avec Les jardins de consolation, paru chez Gallimard en février 2014. Le prix Senghor du premier roman francophone vise à encourager “le dialogue entre les cultures, à travers le partage volontaire d’une langue commune”.

Les jardins de consolation retrace l’évolution historique de l’Iran des années 1920 aux années 1950, à travers le parcours d’une famille de paysans illettrés. Les parents, Talla et Sardar, vont vivre une grande histoire d’amour, non loin de la grande ville de Téhéran. Leur fils unique, Bahram, véritable petit prodige sur qui ils fondent tous leurs espoirs, suivra de brillantes études universitaires et prendra part ensuite aux bouleversements politiques et sociaux de son pays.

11 autres titres avaient retenu cette année l’attention du jury, composé d’écrivains, de journalistes, professeurs, bibliothécaires et libraires :

 
- India express de Constantin Simon (Le Passage)
- Érable de Saskia de Rothschild (Stock) - Les enfants des cyclones de Ronald C. Paul (Le Soupirail) - Debout Payé de Gauz (Le Nouvel Attila) - Le voyage d’Octavio de Miguel Bonnefoy (Rivages) - Comment les grands de ce monde se promènent en bateau de Mélanie Sadler (Flammarion) - Un jeune homme prometteur de Gautier Battistella (Grasset, France) - Eastern d’Andréa Salajova, (Gallimard)           - Les improductifs de Martin Doyon (Hurtubise, Québec) - La déesse des mouches à feu de Geneviève Pettersen (Le Quartanier, Québec) - L’homme qui ne voulait plus être roi de Joan Condijts (Genèse, Belgique)
Le prix est doté de 2 000 euros.  Le 9e prix Senghor avait récompensé Les absents de Georgia Makhlouf, publié en février 2014 chez Rivage.
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